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2013
28/Jan

Prince revient sur Internet et la musique repart… [Analyse]

Ce n’est pas l’expérience utilisateur du nouveau site Internet de Prince 20pr1nc3.com, ni le fait que c’est l’un des rares musiciens dont j’ai été fan, qui justifient cet article, c’est plutôt que Prince avait dit en 2010 que l’Internet était fini et qu’il s’est trompé;-)

Balayons rapidement les fonctionnalités du nouveau site de Prince, que seul un artiste de sa notoriété avec une base de fans considérables peut se permettre de faire:

  • Une URL avec une écriture cryptique 20PR1NC3, le 20 pour le 2013, le 1 pour le I et le 3 pour le E,
  • Une balise meta-title qui dit simplement “2013” et même pas Prince en guise de mot clé,
  • Une simple page avec le lovesymbol (ex-nom de la star) et 3 vidéos sans explication, ainsi que des emplacements pour 6 vidéos complémentaires,
  • La première vidéo est très bien néanmoins, avec le dernier clip de la star en preview;-)

Nous sommes ainsi dans un véritable jeu de piste, où le visiteur est laissé sur sa faim pour entretenir le mythe – tout le contraire de ce que doit faire une entreprise normale souhaitant gagner des nouveaux clients. Il n’y a pas de place pour la frustration quand on ne vous connaît pas et on ne vous adore pas déjà…

Revenons maintenant au rapport de Prince avec l’industrie de la musique (avec l’aide de Wikipedia), car il à tout essayer en précurseur:

  • Artiste vedette de la Warner du temps de sa gloire dans les années 80, il claque la porte de la major en 1993 juste après avoir signé l’un des contrats du siècle (il avait été nommé Vice President de Warner avec une avance de 100 millions de dollars pour les 10 albums à venir)
  • Ainsi, il se met à la distribution directe de sa musique dès 1993 sans pouvoir utiliser son nom qui appartient encore à Warner. Il tente d’ouvrir des magasins en propre (NPG stores), de la vente par catalogue (93), par téléphone (94), pendant les concerts (95) puis par Internet dès 1999
  • Il crée un site de téléchargement légal le Musicology Download Store (2003-2006)
  • Il intègre le CD Musicology dans le prix de ses billets de concert (2004)
  • Il réédite son coup en 2007 avec l’album Planet Earth tout en en distribuant 3 millions d’exemplaires supplémentaires avec le Mail on Sunday,
  • En 2008 il distribue son CD Indigo Nights avec un recueil de photographie de ses concerts,
  • En 2009 il a mit un ligne un nouveau site LotusFlow3r qui propose du contenu inédit,
  • Et en 2010 Prince s’appuie à nouveau sur la presse pour distribuer son CD 20Ten avec le Courrier International en France, le Daily Mirror en Angleterre, etc.
  • C’est d’ailleurs dans le Daily Mirror qu’il va dire que the “Internet is Over”

A cette époque après avoir tout essayé, Prince, ne trouvait pas la bonne façon de gagner de l’argent avec la musique sur Internet.

Ainsi après avoir déclaré son intention en 2007 d’attaquer en justice Youtube, eBay, et The Pirate Bay pour violation de ses droits, il ne voyait pas ” pourquoi il mettrait sa musique sur iTunes ou une autre plateforme musicale qui ne lui payerait pas d’avance”. Pour lui, “Internet c’est comme MTV“, “c’était classe à une époque et maintenant c’est démodé”!

Il faut croire que sur ce point Prince se soit trompé et fasse aujourd’hui marche arrière avec son nouveau site. Cela tombe bien car la musique semble repartir grâce au numérique avec maintenant plus de 50% des ventes qui proviennent du numérique et non plus des CDs physiques (sauf en France où le numérique ne représente que 25%), et surtout des plateformes légales qui commencent à bien correspondre à la demande:

  • Téléchargement payant à des prix compétitifs dans catalogue très large sur des plateformes tels qu’iTunes, Google Play, etc. intégré dans les terminaux, 
  • Ecoute gratuite de morceaux en streaming financé par la publicité sur Spotify ou Deezer.

Le modèle classique de la radio et de l’achat de CD a été reproduit et le consommateur a de moins en moins de raison de pirater (ce qui n’est pas encore le cas du cinéma ou des séries où le catalogue est encore bien pauvre et les prix encore excessif).

Autre exemple impressionnant le succès de Gangnam Style de Psy dont nous avons déjà parlé, qui a gagné grâce à Youtube et ses plus de 1,2 milliards de vues plus de 8 millions de dollars, essentiellement sous forme de publicité vidéo en pre-roll ou mid-roll mais surtout en opt-in, le système Trueview de Youtube qui souligne que même la publicité vidéo commence à trouver un modèle non intrusif accepté par le consommateur.

Si cette évolution est plutôt positive pour la musique et les musiciens, elle ne remet malheureusement pas en cause le sytème de Winner take all du star system, il y’aura toujours peu d’élus tels que Psy et beaucoup de déchus…

Et vous qu’en pensez-vous? Pensez-vous que la musique a enfin trouvé son modèle sur Internet? Je tiens aussi à saluer l’initiative de Julien Cazenave qui monte une agence de marketing dédiée à l’univers de la musique One Stamp Beyond. Nous devrions travailler ensemble sur certains projets alors contactez-nous😉

Gabriel Dabi-Schwebel

Posté par

Ingénieur de formation, j'ai accompagné notamment pour Alcatel, TF1, SFR et Lagardère Active le lanc

Gabriel Dabi-Schwebel

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